Un caféier. | Photo : Joe Antoine Jn Baptiste

L’ouragan Matthew de catégorie 4 qui a frappé le Grand Sud (Sud, Sud-Est, Grand’Anse, Nippes) et aussi certaines localités au niveau du département du Centre et du Nord-Ouest, les 3 et 4 octobre 2016, a causé des dégâts considérables au niveau du secteur agricole notamment au niveau de la filière café. Pour seulement le Sud et la Grand’Anse, 27 000 ha de café en pleine production ont été dévastés, selon ce qu’a fait savoir au quotidien Le National l’Institut national du café d’Haïti (INCAH).

Selon les données collectées par l’Incah, les parcelles ont été affectées suivant la région caféière considérée lors du passage de cet ouragan meurtrier. Les zones de production caféière ont été dévastées, notamment par le bris ou l’arrachage des arbres, le saccage et l’effeuillage des caféiers. La Grand’Anse et le Sud ont été rudement touchés, soit 27 000 ha de café en pleine production. De ces chiffres, 15 000 hectares à Beaumont/Pestel (Grand’Anse), et 12 000 hectares, à Tiburon, les Anglais, Rendel, et Camp-Périn (Sud). Pour les autres zones affectées, on peut entre autres citer les Nippes, plus précisément Fond Tortue, Plaisance du Sud, les dégâts ont été considérables, soit 4 500 ha. Dans le Sud- Est, notamment à Thiotte, 2 500 hectares. Plateau central, Baptiste, 1 000 hectares. Nord-Ouest, Treille, Anse-à-Foleur, 800 ha du chiffre global. C’est en tout 35 800 ha qui ont été globalement touchés par l’ouragan Matthew. l’Incah envisage des mesures pour la filière à deux niveaux. À court terme, il prévoit le financement de brigades pour le nettoyage des jardins et sauver ce qui reste de la récolte de l’année en fournissant un kit d’outils : machettes, pioches, sécateurs, houes, 1 000 kits à 5 000 gourdes, soit 5 000 000 de gourdes. Cet accompagnement aura le mérite de faire circuler un peu d’argent au niveau des zones affectées, mais aussi de permettre aux agriculteurs de reprendre le goût du travail.

Pour les perspectives, le document de bilan partiel souligne qu’il faut procéder à l’établissement de nouvelles plantations. Ainsi, dans le cadre de la relance de la filière café et profitant de la disponibilité de terrains, 2 000 ha de nouvelles plantations seront établies dans chacune des zones touchées, soit 14 000 ha. Pour ce faire, au niveau de chaque région, 6 000 000 de plantules de café et 2 000 000 d’arbres forestiers seront préparés au niveau des pépinières délocalisées et distribuées aux planteurs à travers les structures de l’État [Bureaux agricoles communaux, Directions départementales agricoles, Bureaux régionaux, coopératives caféières et groupements paysans]. Un total de 32 millions de plantules de café et 2,8 millions d’arbres forestiers et fruitiers seront préparés, soit un total global de 34,8 millions de plantules.

De l’autre, la mise en place d’un ha de café est estimée à 130 000 gourdes, soit 2 000 dollars américains de dépenses, prenant en compte le sarclage des plantations, l’apport de fertilisant, entre autres. Près de 30 % de ce montant sont nécessaires pour la conduite de la parcelle en attendant d’avoir une première récolte rémunératrice à la troisième année. Un fonds de 10 000 000 de dollars, soit 650 000 000 de gourdes, doit être rendu disponible pour l’octroi de crédit à ces caféiculteurs. Cet investissement, selon les prévisions, va permettre aux zones pour les 14 000 ha avec un rendement moyen de 500 kg par ha de produire autour de 7 000 000 de kilogrammes de café soit 15, 4 millions de livres pour un montant moyen de 23 100 000 dollars américains, si on vend à un prix minimum de 1.5 dollar US la livre.Bien que désastreuse, la filière café veut saisir cette opportunité pour lancer son plan de relance tablée sur la rénovation des anciennes plantations et le renforcement des capacités. Un premier soulagement doit être apporté au niveau des régions caféières, en finançant les brigades de producteurs pour l’enlèvement des arbres tombés sur les caféiers et le nettoyage des parcelles, un kit d’outils doit être aussi fourni pour faciliter le travail.

Il faudrait d’un autre côté envisager l’établissement de nouvelles plantations, et ceci va nécessiter la mise en place de pépinières de café et d’arbres, d’abris [forestiers et fruitiers] qui aura un impact bénéfique sur l’économie et l’environnement des zones touchées. Enfin un crédit adapté doit être fourni pour la conduite des parcelles. C’est un investissement apparemment lourd au départ, mais les bénéfices à partir de la quatrième année seront importants pour l’économie des zones affectées et pour le pays en général, a conclu le rapport des dégâts de l’ouragan Matthew.

Therno N. A. Sénélus

 

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