On ne peut s’empêcher de comparer Haïti à la République dominicaine toute proche. Pourtant, les deux destinations n’ont pas grand-chose en commun. Hormis une île commune et un petit bout de passé identique. La comparaison s’arrête là.  Car pendant que la République dominicaine développait son tourisme, Haïti, notamment à cause de son histoire politique chaotique, d'une situation économique difficile et d'un récent séisme ravageur, avait bien d’autres chats à fouetter.

On ne peut s’empêcher de comparer Haïti à la République dominicaine toute proche. Pourtant, les deux destinations n’ont pas grand-chose en commun. Hormis une île commune et un petit bout de passé identique. La comparaison s’arrête là.  Car pendant que la République dominicaine développait son tourisme, Haïti, notamment à cause de son histoire politique chaotique, d'une situation économique difficile et d'un récent séisme ravageur, avait bien d’autres chats à fouetter.

D'ailleurs, la dernière et éphémère présence touristique française date du Club Med qui, avec le soutien du régime Duvalier, s'était installé dans les années 70/80 sur la magnifique côte des Arcadins avant la fermeture définitive du village en 1990, faute de clients. Aujourd'hui, soit quatre ans après le terrible tremblement de terre qui a fait près de 200.000 morts, les Haïtiens relèvent courageusement la tête en quête d'un nouveau souffle.

Parmi les nouveaux axes de développement : le tourisme. Pour se donner une idée de l'énorme potentiel, Haïti ne dispose actuellement que d'environ 2.000 chambres d'hôtels. Une rareté qui explique des prix encore élevés. En 2013, le pays a pourtant accueilli 420.000 étrangers (contre 349.000 en 2012), dont 290.000 en provenance des Etats-Unis, 33.000 du Canada et 35.000 de France. Il s'agit essentiellement de la diaspora haïtienne estimée à plus de 4 millions d'individus dans le monde, ainsi que des ONG. A noter aussi, la venue de 643.000 croisiéristes qui débarquent à Labadie sur la côte nord (où Royal Caribbean a créé une escale), mais ne s'aventurent guère au delà.

Entourée d’une équipe motivée, la ministre du Tourisme, Stéphanie Ballmir-Villedrouin, a mis en place une stratégie ambitieuse pour développer le tourisme. "Notre première démarche consiste à changer l'image de la destination", a-t-elle expliqué lors d'une entrevue dans les locaux de son ministère à Port au Prince, mardi dernier. Comme en matière d'insécurité par exemple. Selon elle, si Haïti n'est "pas listé parmi les pays où il y a de l'insécurité", elle entend cependant "rassurer les touristes". Le gouvernement a donc créé une police touristique, actuellement d'une centaine de policiers, mais qui va être amenée à s'étoffer dans les prochains mois.

Pour ce qui concerne les zones de développement, Stéphanie Ballmir-Villedrouin veut "mettre en avant la côte nord autour de Cap Haïtien, ce lieu chargé d'Histoire (du débarquement de Christophe Colomb à l'indépendance de 1804 en passant par la Citadelle du roi Christophe ou les ruines du palais Sans Souci)". Au sud, le ministère parie sur Jacmel "avec ses plages, son potentiel culturel et son artisanat", sur l'Ile à Vache, ainsi qu'à Côtes de Fer, un peu plus à l'ouest. Là, il a fait appel à des investisseurs étrangers pour créer une immense zone hôtelière de 15.000 chambres. Un aéroport international devrait également y voir le jour rapidement. Enfin, il veut continuer à développer la côte des Arcadins sur le littoral au centre d'Haïti, là justement où se trouvait le Club Med. A Pétion-Ville (qui jouxte Port au Prince), le gouvernement veut favoriser le voyage d'affaires et le tourisme de convention, en développant de nouveaux hôtels avec des chaînes comme Marriott, Intercontinental ou Best Western.

Si la ministre s'intéresse de près au marché de la diaspora, elle veut aussi attirer les touristes français. "La France est un marché naturel pour Haïti" explique t-elle. "Surtout qu'ils venaient avant, du temps du Club Med". Pour ce faire, "nous allons revenir à Top Resa cette année" et mener "des actions de promotion" auprès des professionnels. Car si Haïti "a les mêmes attractions naturelles que les autres îles des Caraïbes, nous avons une forte valeur ajoutée". Celle-ci tient en trois points : "notre Histoire, le peuple haïtien et la diversité du produit". Dans ces conditions la ministre parie sur une hausse du nombre de touristes "de 5 à 7%" en 2014. Des perspectives prudentes, car beaucoup reste à faire.

 

 

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