Des écrivains haïtiens, notamment Lyonel Trouillot, directeur de l’atelier Jeudi Soir, le romancier Henry Kénol et le dramaturge Faubert Bolivar, ont tenu une conférence-débat autour de la nécessité et l’efficacité des ateliers d’écriture, le jeudi 1er décembre 2016, à la Bibliothèque nationale d’Haïti (BNH), dans le cadre du festival Étonnants Voyageurs. Plus d’une cinquantaine de personnes ont assisté à cet événement déroulé en présence de la directrice de la BNH, Emmelie Prophète.

Si, fort souvent, les ateliers d’écriture se résument à une table, des ordinateurs, des cahiers, des stylos, une dizaine de personnes, et un animateur, parfois une tasse de thé ou de café, ces écrivains haïtiens, Lyonel Trouillot, Henry Kénol et Faubert Bolivar, qui ont participé à cette aventure, veulent bien nous faire croire le contraire. Selon eux, les ateliers d’écriture vont plus loin. Ce sont des lieux de passage et de pratique. C’est découvrir des auteurs, des outils d’écriture, s’y exercer, se les approprier, c’est aller à la rencontre de sa propre écriture, et révéler son talent à l’aide de propositions diverses et éprouvées.

 Selon le romancier Henry Kénol, Lyonel Trouillot croit qu’en atelier d’écriture, certains textes sont à jeter, tandis que lui, il croit que chaque texte a une âme, peu importe sa qualité. Il suffit de prendre du temps pour mieux le structurer en apprenant à partager ses écrits tout en tenant compte de la critique des autres. « C’est un moment de partage », dit-il, pour parler de la nécessité des ateliers d’écriture, tout en mentionnant son passage à l’atelier Jeudi Soir dirigé par Lyonel Trouillot, qui lui a permis de réaliser sa plus belle oeuvre, le roman Le désespoir des anges paru en 2009 aux Éditions de l’atelier Jeudi Soir, réédité par Actes Sud en avril 2013.

Pour Faubert Bolivar, dramaturge, poète et essayiste, les ateliers d’écriture sont une collectivisation du rapport à l’écriture. Ils permettent aux auteurs et aux apprentis écrivains de construire, de structurer et d’enrichir leur projet d’écriture afin d’aboutir à une oeuvre complète. De là vient leur efficacité. « Les ateliers d’écriture m’ont permis d’améliorer mon écriture théâtrale », déclare Faubert Bolivar, auteur du texte Une pierre est tombée, un homme est passé par là publié cette année, à C3 Éditions. Ils me donnent à voir l’écriture, ajoute-t-il, comme une pratique partageable.

Lyonel Trouillot abonde dans le même sens. À l’entendre, il n’existe rien de pire pour un auteur que de vivre seul dans son travail d’écriture. Il vaut mieux se trouver un endroit où développer son savoir-faire. « Aux ateliers d’écriture, on apprend à se mettre à la place des autres », dit-il. C’est une école d’apprentissage. « Les lecteurs sont bienveillants, mais non complaisants. Il faut donc beaucoup de modestie en atelier d’écriture pour trouver ce que l’on peut puiser de soi ou du monde afin de produire son texte », précise M. Trouillot.

Aljany N. Zephirin

Source : LeNational.ht

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