3ème et dernière partie
Dans les pays démocratiques avancés, la catégorie politique d’extrême-droite évoque des images violentes (KKK aux Etats-Unis, Néo-Nazis en Europe, tueur fou en Norvège récemment…), des leaders politiques (les Le Pen et le Front National en France, Michèle Bachmann et le Tea-Party aux Etats-Unis…) qui s’en prennent avec rage aux immigrants et aux minorités ethniques accusés de menacer  « l’identité nationale » des sociétés d’accueil. Les Haïtiens qui vivent en terre d’accueil et qui suivent l’évolution politique de ces pays savent plus ou moins concrètement sinon théoriquement ce qu’est l’extrême-droite. Mais, qu’en est-il en Haïti ? Qu’est-ce que l’extrême-droite haïtienne ? Que représente-t-elle dans le pays ?  Comment les Haïtiens en général perçoivent-ils l’extrême-droite au sein de leur société ? Quelles images ce concept politique évoque-t-il dans leurs esprits ? 

3ème et dernière partie
Dans les pays démocratiques avancés, la catégorie politique d’extrême-droite évoque des images violentes (KKK aux Etats-Unis, Néo-Nazis en Europe, tueur fou en Norvège récemment…), des leaders politiques (les Le Pen et le Front National en France, Michèle Bachmann et le Tea-Party aux Etats-Unis…) qui s’en prennent avec rage aux immigrants et aux minorités ethniques accusés de menacer  « l’identité nationale » des sociétés d’accueil. Les Haïtiens qui vivent en terre d’accueil et qui suivent l’évolution politique de ces pays savent plus ou moins concrètement sinon théoriquement ce qu’est l’extrême-droite. Mais, qu’en est-il en Haïti ? Qu’est-ce que l’extrême-droite haïtienne ? Que représente-t-elle dans le pays ?  Comment les Haïtiens en général perçoivent-ils l’extrême-droite au sein de leur société ? Quelles images ce concept politique évoque-t-il dans leurs esprits ? 

Dans cette troisième et dernière partie, j’adopterai d’abord une perspective historique en mettant en lumière les particularités de l’extrême-droite haïtienne par l’analyse du régime qui s’est perpétué le plus longtemps dans l’histoire contemporaine d’Haïti, le duvaliérisme ; puis je tacherai de dégager les caractéristiques de cette catégorie politique dans la société haïtienne. Finalement, je répondrai à la question suivante : en quoi et pourquoi il est important d’identifier l’extrême-droite haïtienne.

                         Les sources lointaines de la mainmise du Duvaliérisme

Les « Marines » et leurs bateaux de guerre débarquèrent en Haïti en juillet 1915 dans le contexte d’une rivalité avec d’autres grandes puissances de l’époque, particulièrement l’Allemagne dont les intérêts en Haïti étaient alors assez importants. Ces « Marines » avaient pour mission “to bring about political stability in Haiti, to secure US control over Haiti with regard to US strategic interests in the Caribbean, and to integrate Haiti more effectively into the international capitalist economy” (Renda 2001). (d’apporter une stabilité politique en Haïti, de garantir le contrôle américain par rapport aux intérêts stratégiques des Etats-Unis dans les Caraïbes et d’intégrer Haïti plus efficacement dans l’économie capitaliste internationale.) [ma traduction]. Quand ils quittèrent le pays en 1934, ils avaient réussi deux choses extrêmement importantes même si ce n’était pas prévu dans leur mission : l’écrasement de la rébellion paysanne haïtienne (les Cacos) et la création de mécanismes devant mener à un contrôle gouvernemental fortement centralisé depuis Port-au-Prince. (Renda 2001: 36). Renda conclut que “In doing so, U.S. Americans helped to lay the groundwork for two Duvalier dictatorships and a series of post-Duvalier military regimes.” (En faisant cela, les Américains jetèrent les bases qui allaient mettre sur pied les deux dictatures des Duvalier et une série de régimes militaires post-Duvalier.) [ma traduction]. Quand ils laissèrent Haïti, les Américains avaient contribué à bâtir une armée haïtienne semi-professionnelle, la Garde d’Haïti (qui allait jouer un rôle super important dans toutes les affaires d’Haïti), la création d’écoles professionnelles, et l’établissement de Port-au-Prince comme le centre du pouvoir politique en Haïti (Smith 2009 : 13). Cependant, nous dit Smith, “The elites continued to dominate the financial sector, and by virtue of this power were able to indirectly control the government. After 1934, the United States became Haiti’s leading trading partner, importing more than half of its annual coffee yield and carefully maintained influence of Haitian finance.” (Smith 2009: 13). (Les élites continuèrent à dominer le secteur financier, et grâce à ce pouvoir, elles furent en mesure d’exercer un contrôle indirect sur le gouvernement. Après 1934, les Etats-Unis devinrent le principal partenaire commercial d’Haïti, important plus de la moitié de sa production annuelle de café et maintinrent soigneusement leur influence sur les finances haïtiennes.) [ma traduction]. 

La période comprise entre 1934 (fin de l’occupation américaine) et 1957 (élection de François Duvalier) a été étudiée en détail par l’historien jamaïcain Matthew J. Smith (2009). Selon ce dernier, cette période, venant directement après l’Occupation américaine, s’est révélée fertile en conflits idéologiques hérités de la fin du dix-neuvième siècle (idéologie de couleur, luttes pour le pouvoir politique au sein d’une élite divisée sur des questions de classe et de couleur) mais aussi en nouveaux défis en termes de changement politique (introduction  des idées marxistes et création du premier parti communiste haïtien (PCH) par l’écrivain et intellectuel haïtien, Jacques Roumain au cours de l’été 1934). 

 François Duvalier fut élu président d’Haïti en septembre 1957. Il se déclara président à vie en 1964 et, après sa mort survenue en 1971, son fils Jean-Claude âgé alors de dix-neuf ans lui succéda en tant que président à vie. L’histoire a retenu les noms de ces deux régimes comme les plus meurtriers et les plus tyranniques que la Caraïbe ait jamais connus.

 

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