Bandes à pieds dans les rues de la capitale«Ann selebre lavi »
Haïti: Le carnaval 2011 se déroulera du 6 au 8 mars sous le thème « Ann selebre lavi ». Les groupes musicaux les bandes et les artistes (chorégraphes, peintres, sculpteurs) devraient s'inspirer de ce thème pour présenter leurs compositions et leurs oeuvres.

Des bandes à pied«Ann selebre lavi »
Haïti: Le carnaval 2011 se déroulera du 6 au 8 mars sous le thème « Ann selebre lavi ». Les groupes musicaux les bandes et les artistes (chorégraphes, peintres, sculpteurs) devraient s'inspirer de ce thème pour présenter leurs compositions et leurs oeuvres. Tel n'est pas le cas notamment pour les traditionnelles bandes à pied, qui, au cours des dimanches pré-carnavalesques, animent les rues. Sur leur parcours, au Champ de Mars, la principale artère de la bamboche carnavalesque, les bandes à pied se défoulent à jouer soit des musiques traditionnelles, soit des merengues de groupes musicaux, soit leurs propres compositions datant des années passées.

Dimanche 20 février, à deux semaines du déroulement du carnaval, le Champ de Mars est bondé de bandes à pieds qui jouent à la file indienne. Une ambiance électrisante. Qu'en est-il des messages et des thèmes de leurs merengues cette année ? Le groupe Grap Plezi issu de la rue des Fronts Forts joue sa merengue datée de 2010 : « Nan ki sa nou ye la ? » Dans leur merengue, la vie en Haïti est plutôt mise à nu : misère, absence de leadership. « Sèl nou k konsa » est le nom de la bande à pied fondée en 1995 par les employés du service de la Voirie de la mairie de Port-au-Prince. Ce groupe, qui draine une trentaine de personnes, rêve, selon un de ses membres fondateurs Loulou Pierre, « d'un autre Port-au-Prince, beau, propre ». Original Cash Cash Band chante presque dans la même veine, mais au niveau plus général : « Il faut que la situation du pays change », recommande son vice-président Patrick Joachim. Pour ce faire, le groupe Tèt Kole Band appelle « à une prise de conscience afin que, indique son président Jeannot  Cajuste, les intérêts collectifs soient privilégiés sur ceux des individus ». Le groupe César Band de Poste-Marchand exhorte, dans sa nouvelle merengue, « à l'unité et au retour au bercail des immigrés haïtiens ».

Nirvana Band évoque dans sa composition de 2010 le malheur du pays dans « Dlo nan je n pap janm seche ». Cette merengue s'inspire du drame du 12 janvier et en appelle au secours du Très-Haut. ''Biznis pa m'' va dans le même sens en évoquant le séisme du 12 janvier. Mais avec une note prophétique : « ce qui nous est arrivé était prédit », croit David Durocher, son secrétaire général. 1804 Band expose la situation du pays et « son sous-développement » dans « Mizè w ». Inspirée des récentes élections, la composition « Konsyans » de Laloz band se veut une satire « des élections qui, pense Frantz Jean Louis, ne font jamais avancer les choses, mais rendent plutôt le pays plus dépendant de l'international ».

Le groupe Familia Band se différencie. Sa merengue a le même titre que celui du carnaval : « An n selebre lavi ». Quant à Héritage Peuple s'amuse, il joue sur le parcours tout son répertoire de merengues remontant jusqu'à sa création en 1967, félicite son président Jean-Claude Lartigue. Le groupe Dieu du ciel chante la beauté du pays dans « Yon bèl peyi konsa ». Sa merengue se joue sur le rythme rada. Sur leur parcours, ils s'arrêtent pour offrir leur spectacle, mélange d'exhibition, de danse et de musique vaudou.

Si les bandes à pied chantent la situation du pays dans leurs merengues, les principaux groupes musicaux de tendances racine, rap et compas - hormis Ram - font attendre leurs nouvelles compositions carnavalesques. Les Dj, leur principale caisse de résonnance, créent de l'ambiance en jouant les anciennes merengues pour le bonheur du public qui se défoule.

 

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