Photo : ONU / Antonio Fiorente En Ethiopie, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, participe à un événement sur les filles et le codage numérique organisé par ONU Femmes.

A l’occasion de la Journée internationale des femmes, les Nations Unies soulignent que l’égalité des genres et les droits des femmes sont fondamentaux pour progresser sur la voie de la paix, de la sécurité, des droits de l’homme et du développement durable à l’échelle planétaire.

« Nous ne pouvons rétablir la confiance dans les institutions, reconstruire la solidarité au niveau mondial et tirer parti des diverses perspectives qu’en luttant contre les injustices historiques et en promouvant les droits et la dignité de toutes et de tous », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans un message publié pour la Journée internationale des femmes célébrée chaque année le 8 mars.

Au cours des dernières décennies, de remarquables avancées ont été réalisées en matière de droits et de leadership des femmes. Mais ces progrès sont loin d’être complets ou systématiques, « et ils ont suscité une réaction hostile et inquiétante de la part d’un patriarcat solidement enraciné », a dit le Secrétaire général.

« L’égalité des genres est essentiellement une question de pouvoir. Nous vivons dans un monde dominé par les hommes où la culture l’est également. Ce n’est que lorsque nous nous fixons comme objectif commun les droits des femmes, un nouveau cap à prendre au profit de toutes et de tous, que nous commencerons à faire évoluer la situation », a dit M. Guterres.

Pour le chef de l’ONU, l’augmentation du nombre de femmes à des postes de décision est fondamental. Il en a fait une priorité personnelle et urgente au sein des Nations Unies. « Nous avons assuré la parité entre les sexes parmi celles et ceux qui dirigent nos équipes dans le monde, et le nombre de femmes occupant des postes de responsabilité est le plus élevé jamais atteint dans l’Organisation », a -t-il dit, précisant que les efforts dans cette direction seront poursuivis.

Mais en 2019, les femmes se heurtent encore à des obstacles importants pour accéder au pouvoir et pour l’exercer. Selon la Banque mondiale, seuls six pays accordent aux femmes et aux hommes la même égalité de droits dans des domaines touchant à leur vie professionnelle. Et si les tendances actuelles se maintiennent, il faudra 170 ans pour combler l’écart économique entre les sexes.

Dans plusieurs pays, les programmes nationalistes, populistes et d’austérité ajoutent à l’inégalité de genre par des politiques qui restreignent les droits des femmes et suppriment l’accès aux services sociaux. Dans certains Etats, alors que le taux d’homicide est d’une manière générale en baisse, celui de féminicide est en hausse. Dans d’autres, la protection juridique contre la violence domestique et la mutilation génitale féminine est en recul.

« Nous savons que la participation des femmes aux accords de paix rend ces derniers plus durables, ce qui n’empêche pourtant pas les gouvernements qui plaident en leur faveur de ne pas réussir à traduire leurs paroles en actes », a dit M. Guterres, deplorant que le recours à la violence sexuelle en tant que tactique dans les conflits continue d’être à la source de traumatismes à l’échelle des individus et de sociétés entières.

Dans ce contexte, le chef de l’ONU appelle à redoubler d’efforts pour protéger et promouvoir les droits, la dignité et le leadership des femmes. « Nous ne devons pas céder un pouce du terrain conquis depuis des décennies et nous devons appeler à un changement rapide, radical et en profondeur », a-t-il dit.

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