De passage à Montréal mardi pour «évaluer la situation» des réfugiés haïtiens qui affluent vers Montréal, le ministre des Affaires étrangères d’Haïti, Antonio Rodrigue, croit qu’il «faut permettre à ceux qui veulent retourner de trouver leur place dans la société en Haïti».«C’est leur pays. S’ils doivent revenir, nous devons les accueillir», a-t-il ajouté, en se défendant de «faire des listes» ou de «compromettre» les chances de ressortissants haïtiens d’obtenir le statut de réfugié.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a indiqué que 64% des demandeurs d’asile qui sont arrivés en juillet dans la province sont d’origine haïtienne. Aujourd’hui quelque 2500 réfugiés sont hébergés dans des centres de la métropole.

M. Rodrigue était accompagné de la ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, Stéphanie Auguste. Ceux-ci ont dit être en mission de la part de leur gouvernement «pour montrer leur solidarité» tant envers les gouvernements d’ici qu’envers leurs concitoyens. «Notre présence va contribuer à rassurer nos compatriotes», croit M. Rodrigue. «Nous voulons montrer que le gouvernement est au courant de ce qui se passe et qu’il veut améliorer la situation. Par exemple, en les aidant à se procurer des pièces d’identité, car plusieurs ont passé la frontière sans pièces d’identité», a ajouté Mme Auguste.

Le maire dit être prêt à ouvrir «deux ou trois autres» centres d’hébergement si le nombre de migrants venait à encore augmenter de manière significative.

Des rencontres sont prévues entre ces ministres et leurs homologues des gouvernements provincial et fédéral. «Nous allons discuter de l’avenir de nos compatriotes ici et voir comment nous pouvons accompagner ces hommes, ces femmes et ces enfants qui sont en difficulté», a indiqué M Rodrigue.

Bien qu’il convienne que la politique migratoire américaine «rende les gens inquiets», le ministre refuse de jeter entièrement le blâme sur l’administration Trump et l’expiration en janvier du visa spécial obtenu par des dizaines de milliers d’Haïtiens après le tremblement de terre de 2010. «Peut-être que des gens qui regardent la nouvelle politique migratoire aux États-Unis voient le Québec et le Canada comme des terres plus hospitalières, a-t-il avoué. Ils sont peut-être plus nombreux car le Québec est francophone, et ils pensent qu’ils pourront mieux s’intégrer ici.»

Selon M. Rodrigue, tout le monde a aussi des «raisons personnelles» pour émigrer et il ne croit pas que ces personnes fuient une situation instable en Haïti. «Des gens ont laissé Haïti et cherchent une vie meilleure. Ce n’est pas qu’en Haïti on n’offre pas tout ce dont ils ont besoin», juge-t-il.

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