Des malades du choléra reçoivent un traitement dans un centre à Cap-Haïtien en Haïti. Photo UNICEF/Maxence Bradley

30 novembre 2016 – Le combat contre le choléra en Haïti sera un combat qui sera long et approfondi mais les Nations Unies seront là avec le peuple et les autorités haïtiennes, a déclaré le porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies, Stéphane Dujarric, à la veille de la présentation de la nouvelle approche de l'Organisation pour lutter contre l'épidémie dans ce pays.Cette nouvelle stratégie de lutte contre le choléra avait été annoncée en août dernier et doit être présentée par le Secrétaire général Ban Ki-moon devant l'Assemblée générale des Nations Unies ce jeudi 1er décembre. Elle comporte des interventions rapides dans les zones où des cas sont signalés ainsi que la prévention de futures crises de santé publique à haut risque.

La nouvelle approche met également l'accent sur les personnes et propose la mise en place d'un programme d'assistance matérielle et de soutien aux Haïtiens directement affectés par la maladie.

« C'est une approche qui va au fond du problème avec des investissements à long terme dans les installations sanitaires dont le pays a besoin pour éradiquer le choléra ; des investissements à court terme pour enrayer la progression du choléra ; et, le plus important, qui met les personnes et les communautés impactées par le choléra au cœur de nos efforts », a expliqué Stéphane Dujarric dans un entretien avec la radio MINUSTAH FM.

« Les Nations Unies doivent écouter le peuple haïtien, doivent écouter les communautés qui ont été impactées par cette maladie », a-t-il souligné, ajoutant que les consultations avec les communautés seront d'une grande importance. « Seules les communautés pourront nous expliquer de quoi elles ont besoin, comment nous pouvons les aider », a-t-il précisé.

Dans un deuxième temps il y aura une approche individuelle, a poursuivi le porte-parole. Celle-ci exigera toutefois une identification précise des victimes du choléra et des membres de leurs familles, et un seuil de financement permettant d'établir « un montant forfaitaire pour chaque décès » de choléra, a-t-il ajouté, avertissant toutefois que cela « prendra beaucoup plus de temps ».

« Nous savons très bien et le Secrétaire général sait très bien que les Nations Unies ont une responsabilité morale envers les personnes les plus affectées par l'épidémie de choléra. Nous regrettons les terribles souffrances endurées par le peuple haïtien du fait de l'épidémie », a déclaré M. Dujarric.

Selon les estimations de l'ONU, le programme devrait coûter environ 400 millions de dollars sur les deux prochaines années. « Ce n'est pas une somme insurmontable et le Secrétaire général espère beaucoup que l'Assemblée générale, que la communauté internationale, se montreront solidaires et seront là pour aider Haïti à un moment où se pays a besoin d'aide », a dit le porte-parole.

« Le plus important à long terme c'est un investissement soutenu dans le réseau sanitaire en Haïti pour s'assurer que la distribution de l'eau soit à un niveau tel où l'eau sauve et nourrit et l'eau n'empoisonne plus comme nous l'avons vu avec le choléra », a-t-il conclu.

 

L'épidémie de choléra en Haïti a commencé en octobre 2010. Elle a touché environ 788.000 personnes et a coûté la vie à plus de 9.200 d'entre elles. Depuis lors, des efforts nationaux et internationaux concertés ont entraîné une réduction de 90% du nombre de cas suspects. Ce nombre demeure élevé, cependant, et de nouveaux cas récents montrent la vulnérabilité de la population à la maladie, qui est évitable et traitable.

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