Imprimer
Affichages : 1954

Washington 9 Octobre 2014 - Le Président du Groupe de la Banque mondiale (GBM), Jim Yong Kim, a annoncé aujourd'hui un don de US$ 50 millions de dollars à la veille de la conférence «Haïti : Eau propre, Assainissement amélioré, Meilleure santé » et a appelé les autres donateurs et partenaires à unir leurs efforts et aider à améliorer l'accès à l'eau potable et à l'assainissement pour tous les Haïtiens afin de prévenir les maladies d'origine hydrique. 

"Nous avons accomplis beaucoup de progrès dans la lutte contre l’épidémie de choléra, cependant trop de gens tombent encore malade, principalement parce qu'ils n'ont pas accès à l'eau potable et à cause du manque de systèmes d'assainissement. Le choléra reste endémique et les maladies d'origine hydrique sont l'une des principales causes de la mortalité infantile ", a déclaré Kim.

 « Il est possible d’étendre la couverture d'eau potable et d'assainissement. Nous ne pouvons pas ignorer cette chance d’empêcher des milliers d'enfants haïtiens de mourir de maladies d'origine hydrique », a-t-il ajouté.

Cette annonce vient en amont d'une conférence de haut niveau qui sera présidée par Kim, et le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, invitant les principaux partenaires à se joindre à un effort pour améliorer sensiblement l'accès a l’eau et l'assainissement en Haïti, et renforcer les services de santé.

Selon les chiffres de l'ONU, la diarrhée provoque plus de décès chez les enfants de moins de cinq ans que le VIH/sida, le paludisme et la rougeole réunis. Une nouvelle analyse des coûts réalisée par la Banque mondiale, le Ministère de la Santé et la Direction Nationale de l'Eau et de l'Assainissement (DINEPA) évalue à US$ 310 millions de dollars l’investissement nécessaire dans l'eau, l'assainissement et la santé, pour sauver des vies et prévenir le choléra dans les zones à forte prévalence au cours des trois prochaines années.

Le nouvel investissement de US$ 50 millions de dollars de la Banque contribuera à la mise en œuvre d'un projet qui atteindra près de deux millions de personnes dans les endroits les plus touchés par le choléra en zone rurale d'Haïti. Toutes les écoles et les cliniques dans les communescouvertes par cette initiative seront prioritaires pour des services d'eau et d'assainissement. Le Ministère de la Santé d'Haïti met déjà en œuvre une initiative d’un montant de US$ 90 millions de dollars financée par la Banque mondiale, qui donnera accès à des services de santé adéquats pour 1,8 millions de mères et d'enfants au cours des cinq prochaines années.

“Cette réunion est l'occasion pour les partenaires engagés d’appuyer le plan pour l’élimination du choléra en Haïti et d’améliorer l’accès à l’eau potable et l’assainissement. Nous devons nous assurer que les engagements soient tenus et que Haïti maintienne le cap pour éliminer le choléra sur son territoire," a déclaré le Premier ministre d’Haïti, Laurent Lamothe.

La conférence fait suite à une réunion technique qui s’est déroulée au cours des dernières réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du FMI où des experts sur la question du choléra ont discuté de la nécessité d'un diagnostic complet et d’une feuille de route axée sur des résultats pour appuyer le plan haïtien de 10 ans pour l'élimination du choléra. En réponse, le Gouvernement a lancé avec l'UNICEF et les partenaires de développement une campagne nationale d’assainissement, qui sera en partie financée par des engagements pris aujourd'hui.

 «J'ai eu une visite émouvante en Haïti au mois de juillet, quand j'ai entendu en direct les témoignages sur l’impact que le choléra a eu sur les familles», a déclaré le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

 "J'ai vu aussi ce que peuvent faire les communautés, avec un peu d'aide, pour gérer les risques et éliminer la maladieEnsemble avec le Premier ministre Laurent Lamothe, nous avons lancé la campagne d’assainissement total pour élever le niveau de l'assainissement et améliorer les conditions de santé. La conférence d’aujourd’hui est une étape importante pour rappeler à la communauté internationale le travail à long-terme nécessaire en Haïti pour construire des systèmes qui empêcheront d'autres apparitions de maladies d'origine hydrique, comme le choléra ", a-t-il ajouté.

Environ 38 pour cent des Haïtiens n'ont pas accès à l'eau potable, et seulement 24 pour cent des familles haïtiennes ont accès à un assainissement amélioré. L'expérience montre que chaque dollar investi dans l'eau et l'assainissement, génère sept dollars en économies en soins de santé et en productivité en Amérique latine et dans les Caraïbes. Les appels de cette nouvelle initiative à une action concertée pour l'eau et l'assainissement contribueront à sauver des vies et améliorer la santé des personnes.

 Contacts:

À Washington: Christelle Chapoy, (202) 361 4255Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 

À Washington: Christopher Walsh, (202) 473-4594Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

A Port-au-Prince: Berdine Edmond (509) 31 064 831Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Mise en contexte du choléra

Depuis l’apparition du choléra en 2010, on a enregistré un total de 706 862 cas et 8584 décès. Le nombre moyen de cas a baissé d'une moyenne mensuelle de plus de 35.000 cas dans la première année de l'épidémie, à environ 1 000 par mois en 2014. Le taux de mortalité a chuté à 0,4% en 2014, soit une personne sur 250. Cependant, la résurgence du choléra demeure une menace et les maladies d’origine hydrique sont l'une des principales causes de mortalité infantile dans le pays.

Réponse de la Banque mondiale au choléra

L’Association Internationale de Développement de la Banque mondiale international (IDA) a financé des activités de lutte contre le choléra depuis son apparition fin 2010. Elle a déboursé US$ 15 millions dans le cadre d'un projet d'intervention d'urgence de choléra qui été clôturé fin mars 2014. Plus de trois million de personnes ont bénéficié de campagnes de sensibilisation sur la prévention, la formation et le traitement direct à travers le projet. Plus particulièrement, plus de 5400 agents de santé communautaire et personnel médical ont été formés.

US$ 20 millions de dollars pour la prévention et le traitement du choléra ont été mis à la disposition du Ministère de la Santé dans un nouveau projet de santé (d’un montant total de 90 millions de dollars) pour la surveillance épidémiologique, le traitement, y compris des équipes mobiles d'intervention rapide, de promotion de l'hygiène et de la santé, et des activités concernant l’eau et l’assainissement. IFC, la plus grande institution de développement mondiale axée exclusivement sur le secteur privé, fournit également de l'eau à un prix abordable aux quartiers mal desservis à Port-au-Prince.