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Par principe, il faut combattre le fléau de la corruption dont les effets peuvent se résumer en trois points :

  1. Concentration des richesses du pays entre les mains d’un petit groupe d’occupants du pouvoir politique et de certains affairistes nationaux et internationaux. Donc pauvreté de masse.
  2. Extinction du goût du travail chez ceux-là qui la pratiquent ou qui la subissent. C’est pourquoi l’on voit bien que l’appareil d’État dans notre pays est toujours au ralenti et notre productivité si faible.
  3. Sale réputation de notre pays dont les ressortissants sont mis à l’index à l’étranger, réputation qui repousse les investissements sains, internationaux et nationaux. Concernant le rapport lui-même, un résumé plaidant en faveur de sa pertinence :

Ce rapport, est-il parfait? Loin de là. Est-il partial ? Passablement. Mais, dans le fond du problème, il faut répondre à quatre bonnes questions dont celle du pour ou contre le rapport est la moins importante. Allons-y donc crescendo :

Pour ou contre le rapport Beauplan ? Pour.

Faut-il, à la suite du Sénat, que l’UCREF, l’ULCC et la Cour Supérieure des Comptes traitent de la question sans délai ? Oui.

Faut-il approfondir en vue de découvrir d’autres actes de corruption qui ont pu échapper à la sagacité des commissaires de 2017 , et de reconnaître une ou des erreurs, s’il y a lieu, sur les noms d’anciens Premiers ministres, ministres, directeurs généraux, d’entreprises épinglés? Oui.

Faut-il que le Sénat étende sa vigilance anti-corruption sur le rapport Paul Denis, d’autres scandales financiers tels la crise des coopératives de 2002 et même sur son fonctionnement propre? Oui.

Autrement dit, la vraie question n’est pas : pour ou contre le rapport Beauplan ? Mais pour ou contre la corruption ? Si on est contre, il faut s’acharner contre cette plaie. Si on est pour, sans la pratiquer, la nation attend votre conversion. Si on est pour, en continuant à la pratiquer, il faut s’attendre à être dénoncé et conduit au jugement.  

Il n’y a pas à tracer d’exemples, comme on dit souvent, il faut faire le procès du système corrupteur et corrompu qui nous tue. Quand 3 milliards de dollars américains sont dilapidés dans n’importe quel pays, il y a des coupables. Ceux-ci ne peuvent se retrouver que parmi les dirigeants. La culpabilité a des degrés. Sans le dire, le rapport laisse le voir. Aux concernés - oui, c’est important – de prouver leur innocence et de dénoncer les vrais grands et petits coupables.

Patrice Dumont

Sénateur de la République