Imprimer
Affichages : 2771

Ranmase : Rudy Hériveaux ou l’audace du désespoir
Plus d'uns auraient décliné l'invitation dans de pareilles circonstances pour participer à l'émission Ranmase du week-end écoulé sur Caraïbes Fm, pas lui, Rudy Hériveaux; au contraire, il a même cherché cette invitation. Plus d'uns auraient craqué devant les accusations et les critiques "en veux-tu, en voilà" des autres panélistes et des questions pertinentes de l'interviewer, pas lui, Rudy Hériveaux; il s'en réjouit même on dirait et n'a cédé ni à la provocation ni aux attaques frontales visant son intégrité morale et sa personnalité.

Ranmase : Rudy Hériveaux ou l’audace du désespoir
Plus d'uns auraient décliné l'invitation dans de pareilles circonstances pour participer à l'émission Ranmase du week-end écoulé sur Caraïbes Fm, pas lui, Rudy Hériveaux; au contraire, il a même cherché cette invitation. Plus d'uns auraient craqué devant les accusations et les critiques "en veux-tu, en voilà" des autres panélistes et des questions pertinentes de l'interviewer, pas lui, Rudy Hériveaux; il s'en réjouit même on dirait et n'a cédé ni à la provocation ni aux attaques frontales visant son intégrité morale et sa personnalité. 

Il a terminé l'émission dans les bras (accolades) de ceux-là mêmes qui lui avaient pourtant rien épargné pendant les quatre heures d'horloge qu'a duré cette émission réalisée sous la tente et devant un public chauffé à blanc que la police nationale d'Haïti a eu la merveilleuse idée de contrôler en regroupant d'un côté les pro-Hériveaux et de l'autre ses détracteurs.  Samuel Madistin, le juriste a donné le ton en indiquant qu'il n'était pas venu commenter le vote du sénateur (Hériveaux) et que l'électorat pourra lui-même le faire mais, il n'a pourtant pas attendu longtemps pour s'en prendre au Dr Hériveaux qui a répliqué avec fracas sur le dossier de l'indépendance du pays et de la souveraineté scandalisée par le vote du parlement.

''Pas respect pour les va nu-pieds et les esclaves qui ont sacrifié leur vie pour nous donner cette terre, les parlementaires n'auraient pas du se plier devant les exigences du blanc pour voter cette loi d'urgence à la fois anti-constitutionelle et anti-nationale" , s'est emporté l'ancien parlementaire provoquant l'excitation du 3e sénateur de l'Ouest: "Où était notre fameux nationaliste Madistin en 1994 quand le territoire national était souillé par des bottes étrangères", se demande Hériveaux pris à parti par l'ancien maire de Port-au-Prince lui aussi présent à l'émission. Evans Paul est revenu sur le vote au sénat pour souligner la trahison du sénateur par rapport au groupe des 13 et l'acte de forfaiture que la ratification de cette loi symbolise. "Lors d'une réunion des partis de l'opposition avec le groupe, l'ancien sénateur Amos André avait précisé que le groupe était en réalité 12 et non 13 et qu'il y avait un Judas parmi le groupe, j'étais loin d'imaginer que le traitre pouvait être Hériveaux vu qu'il était parmi les chefs de file", a indiqué le dirigeant de l'Alliance démocratique, membre du regroupement Alternative. Enervé, Samuel Madistin est allé jusqu'à insinuer qu'il serait prêt à révéler les raisons qui avaient motivé la présence du sénateur Hériveaux à cette séance au grand corps.

"J'ai été au parlement pendant 10 ans en qualité de député et de sénateur par la suite, personne ne peut dire que j'avais un seul moment pris de l'argent pour voter", accuse t-il sans s'adresser directement au sénateur Hériveaux et celui-ci s'en est défendu sans vraiment convaincre. D'autres sujets délicats pour le "sacrifié", la question du retour de Jean Bertrand Aristide: "Sénateur Hériveaux, quel regard portes-tu sur René Préval qui n'a jusqu'à présent montré aucune volonté de faire revenir Jean Bertrand Aristide ?" et à l'élu de Lavalas au sénat de répondre:" C'est effectivement l'une des grandes lacunes du chef de l'Etat avec les emplois qu'il n'a pas créés pour les militants lavalas". "Mais pourtant vous soutenez René Préval, n'est-ce pas un coup de poignard dans le dos à JBA; n'êtes-vous pas, par cet acte, plus GNBiste que les étudiants que vous dénoncez, sénateur", demande le modérateur et l'intéressé s'est perdu dans une foultitude d'explications sans apporter la réponse attendue. Rudy Hériveaux a justifié son revirement par une rencontre qu'il avait eue avec une certaine Mme Mills qui serait l'une des conseillères de la secrétaire d'Etat américain, Mme Hillary R. Clinton.

L'officielle américaine lui aurait indiqué que le congrès de son pays pourrait avoir des réticences à voter les fonds promis à Haïti par l'administration du président Obama si la loi sur l'Etat d'urgence consacrant l'existence de la CIRH n'est pas approuvée par le parlement haïtien. Samuel Madistin et Evans Paul ont pris le contrepied de l'argument en indiquant que ceci n'a jamais été dit et que l'assistance internationale pour la reconstrction n'est liée en aucune façon au vote de la loi au parlement. Nahoom Marcelus, le sulfureux candidat de l'INITE pour le Nord au sénat, pourtant transfuge de Fanmi Lavalas, a fait une arrivée fracassante pour, dit-il, supporter son ami, le sénateur Hériveaux attaqué, accuse t-il, sur trois fronts (le modérateur compris); on a vite fait de rappeler à l'ancien maire et député de Milot lavalas qu'il n'a pas la moralité pour porter d'accusations, lui qui a trahi lavalas pour aujourd'hui voler au secours de René Préval qu'il critiquait hier encore.