Luis Felipe ScolariLe sélectionneur brésilien, privé de la star Neymar (blessé) et de son capitaine Thiago Silva (suspendu), doit trouver la bonne formule pour affronter l’Allemagne mardi8 juillet en demi-finale du Mondial. À 65 ans, le tacticien, déjà aux commandes de la Seleçao championne du monde en 2002, reste fidèle à ses habitudes : un paternalisme à l’ancienne pour protéger ses joueurs des pressions extérieures et une stratégie sacrifiant le beau jeu à l’efficacité.

 

Luis Felipe ScolariLe sélectionneur brésilien, privé de la star Neymar (blessé) et de son capitaine Thiago Silva (suspendu), doit trouver la bonne formule pour affronter l’Allemagne mardi8 juillet en demi-finale du Mondial. À 65 ans, le tacticien, déjà aux commandes de la Seleçao championne du monde en 2002, reste fidèle à ses habitudes : un paternalisme à l’ancienne pour protéger ses joueurs des pressions extérieures et une stratégie sacrifiant le beau jeu à l’efficacité.

Tous les regards sont braqués sur lui. Le Brésil retient son souffle et attend ses choix en TREMBLANT. Le sélectionneur « auriverde » Felipe Scolari se retrouve de fait face à un vrai casse-tête avant d’aborder le choc de la demi-finale, mardi soir, contre l’Allemagne (1) : pallier la défection de deux de ses joueurs phares, l’intenable Neymar (blessé) et le défenseur-capitaine Thiago Silva (suspendu). Un sacré défi.

 « Nous sommes dans une situation difficile », concède certes le stratège brésilien, qui mesure mieux que quiconque la pression qui pèse sur ses épaules. Mais Felipe Scolari n’est pas du genre à baisser pavillon avant l’abordage. Même si le bateau prend l’eau, même si ses troupes claquent des dents en fond de cale. Sa principale qualité tient dans sa capacité à prendre sur lui pour soulager ses hommes.

AU BRÉSIL OU AU PORTUGAL, LE SÉLECTIONNEUR MIRACLE

Un savoir-faire déjà à l’œuvre en 2002. Un an à peine avant le Mondial en Corée du Sud, Felipe Scolari était arrivé à la tête d’une Seleçao en crise, à la superbe chamboulée par des petites équipes sud-américaines (une élimination « historique » en quart de finale de la Copa America 2001 face au Honduras).

En quelques mois, il remet la tête à l’endroit à ses talentueux attaquants – Rivaldo, Ronaldinho et Ronaldo – et transcende une équipe à la confiance chancelante. Résultat : une victoire inespérée en finale face à l’Allemagne (2-0) et un cinquième titre mondial pour les « Auriverde ». Scolari gagne dans l’affaire un surnom – « Felipao », le « Grand Felipe » – et une réputation de savant meneur.

Elle n’est pas usurpée, comme le prouve sa demi-décennie suivante (de 2003 à 2008) à la manœuvre avec la sélection portugaise. Là encore, Felipe Scolari prend en charge un groupe qui compte de brillants solistes (Rui Costa, Luis Figo), mais reste incapable de livrer une partition collective à la hauteur. Le chef d’orchestre Scolari décomplexe son monde, et parvient à hisser le Portugal en finale de l’Euro 2004 (défaite contre la Grèce 1-0), puis en demi-finale du Mondial 2006 (il s’incline 1-0 contre la France).

 

DES CONTRE-PERFORMANCES EN CLUB QUI PASSENT INAPERÇUES

Curieusement, c’est en sélection nationale que Felipe Scolari donne le meilleur. Comme entraîneur en club, son CV ne pointe guère de réussite majeure avec la quinzaine d’équipes dont il s’est chargé depuis ses débuts en 1982. Son passage à Chelsea en 2008 s’est soldé par un échec retentissant, et un limogeage après seulement huit mois d’essais manqués. En 2009 et 2010, il s’est surtout fait remarquer dans le club ouzbek de Bunyodkor pour son salaire astronomique de 13 millions d’euros annuels (à l’époque, un record pour un entraîneur).

Ces contre-performances en club n’ont pourtant pas entamé son crédit de sélectionneur miracle, et c’est le sauveur de 2002 que le Brésil est allé relancer en novembre 2012 pour redonner du lustre à la Seleçao. Et le Grand Felipe d’enfiler le costume sans gêne aux entournures et bardé de certitudes. Les joueurs qu’il choisit, il les prend sous son aile, envers et contre tout. Sa gestion du groupe ? Un mélange de discipline de fer et de paternalisme à l’ancienne. Il fait de sa Seleçao une grande famille qu’il tente de préserver des agressions extérieures, incessantes dans un pays qui n’envisage rien d’autre que la victoire à domicile.

LE RÉSULTAT AVANT TOUT, TANT PIS POUR LE BEAU JEU

Les commentateurs peuvent gloser sur l’inutilité de Fred en attaque, sur l’inconsistance d’Oscar au milieu de terrain, sur l’âge de Julio Cesar dans les cages. Felipe Scolari maintient sa confiance aux joueurs les plus contestés, les entoure d’un cocon protecteur. Et les conjure surtout de ne pas céder aux sirènes du beau jeu, quitte à écorner le mythe du football samba. « J’ai parlé aux joueurs en deuxième mi-temps, car après avoir marqué 2 buts, ils voulaient en mettre un troisième, puis un quatrième, racontait-il après le quart de finale accroché face à la Colombie (2-1). On n’a pas à montrer qu’on peut marquer 3 ou 4 buts… »

Dont acte. Face à la machine allemande, Felipe Scolari ne devrait pas déroger à ses règles immuables. Maintenir ses protégés qu’il tient à bout de bras – Oscar, Fred, Luiz Gustavo – et parier sur des milieux à qui il demandera de ne pas s’enflammer outre mesure (Fernandinho, Willian ou Ramires). Une qualification aux tirs au but au terme d’un bras de fer sans panache ne froisserait pas son réalisme inexpugnable. S’il réussit son pari, le Brésil ne chicanera pas son Felipao.

Jean-Luc Ferré

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