63ème anniversaire de l’adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le Comité des Avocats pour le Respect des Libertés Individuelles (CARLI) se dit inquiet

Ce samedi 10 décembre, ramène le 63ème anniversaire de l’adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) qui coïncide à la journée internationale des Droits de l’Homme proclamée par l’Organisation des Nations-Unies (ONU). Selon le Comité des Avocats pour le Respect des Libertés Individuelles 63 ans après l’adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme le tableau est assez sombre en Haïti.

« Aujourd’hui, la situation des Droits humains de manière globale est très inquiétante.  Des citoyens sont tués, au quotidien, en violation du droit à la vie parfois au vu et au su de plus d’un.  Le cas le plus révoltant durant les derniers mois de l’année 2011 qui s’achève bientôt est celui du jeune avocat et membre du Barreau de Port-au-Prince, Me Briel LAGRANDEUR (39 ans) lâchement assassiné à Delmas 33, le 13 novembre alors qu’il revenait d’un voyage d’étude avec d’autres confrères du monde de la basoche » fait remarquer  le CARLI.

Dans le domaine des droits civils et politiques, le CARLI attire l’attention sur les arrestations arbitraires et illégales enregistrées dans beaucoup de régions du pays. Le cas le plus spectaculaire et le plus emblématique qui a suscité et qui continue de susciter des remous a été celui du Député de la 49ème Législature, Arnel BELIZAIRE opéré sur la piste de l’aéroport en date du 27 octobre 2011 en dehors des normes constitutionnelles garantissant l’inviolabilité du parlementaire dans l’exercice de sa fonction souligne le CARLI. « Nul membre du corps législatif ne peut durant son mandat, être arrêté en matière criminelle, correctionnelle ou de police pour délit de droit commun si ce n’est avec l’autorisation de la chambre à laquelle il appartient, sauf en cas de flagrant délit pour faits emportant une peine afflictive et infamante. Il en est alors référé à la chambre des députés ou au sénat sans délai si le corps législatif est en session, dans le cas contraire, à l’ouverture de la prochaine session ordinaire ou extraordinaire… » (Article 115 de la Constitution Haïtienne)

De plus, dans le chapitre des droits civils et politiques, les atteintes à l’intégrité physique et morale deviennent monnaie courante ajoute le CARLI.  « Les individus arrêtés par la police sont sévèrement maltraités, torturés, au moment de leur arrestation.  Qui plus est, ils sont parfois présentés par-devant les caméras des journalistes en violation du principe de la présomption d’innocence garanti par l’article 11 de la DUDH stipulant : «Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées … »

Le CARLI se demande à  quand la cessation de l’émission ‘’Allo la Police’’ qui porte selon l’organisation  atteinte à la dignité humaine et aux droits fondamentaux de la personne humaine et dont l’effet n’est pas du tout déterminant dans le cadre de la lutte contre l’insécurité contrairement à ce que des autorités policières veulent faire croire.  « Pure démagogie pour cacher l’incapacité réelle de la police de combattre l’insécurité qui ne cesse de prendre des proportions très alarmantes à la veille des fêtes de fin d’année » dénonce le CARLI. « Entre temps, des anciens chefs d’État impliqués dans de massives violations de droits humains durant leur période de gouvernement sont réhabilités sous ²le label de la réconciliation² au mépris des droits milliers de victimes (directes et indirectes) portant encore les séquelles des atrocités subies sous le régime de ces dirigeants fonctionnant aujourd’hui en toute impunité » condamne le CARLI.

A côté des violations répétées des droits civils et politiques le CARLI tient à souligner que la situation en matière des droits économiques, sociaux et culturels est catastrophique.

« Par exemple, à moins d’un mois de la commémoration de l’anniversaire du séisme du 12 janvier 2010, les rescapés se retrouvent encore sous les tentes dans beaucoup d’endroits de la capitale dépourvus de besoins de base, indispensables à leur survie.  Le droit à l’alimentation, à la santé, au travail, au logement décent et convenable constitue pour cette catégorie sociale une utopie dans une société où les autorités parlent de reconstruction, de développement économique, de progrès social, de démocratie etc. »

Des violations de Droits  Humains commises par des personnes morales

Selon le CARLI des personnes morales sont des auteurs de violations de Droits Humains en Haïti. « A cet effet, on peut se référer à l’épidémie du choléra qui frappe le pays depuis plus d’un an et dont les conséquences sont lourdes pour les familles haïtiennes particulièrement les couches les plus défavorisées » ajoute le CARLI.

Des organisations ou des défenseurs des Droits de l’Homme, se faisant complices de violations de Droits Humains par omission

Pour le CARLI aujourd’hui, il y a lieu d’affirmer que des organisations des droits de l’homme se font complices de certaines violations de Droits Humains quand elles tentent de justifier les abus d’autorité ou des cas d’injustice commis par des dirigeants ou quand elles ferment les yeux sur des évènements portant atteinte aux droits fondamentaux si bien que certains spécialistes en Droits de l’Homme analysant la situation globale d’Haïti affirment que la bataille des droits de l’homme n’est qu’une lutte à géométrie variable.

A l’occasion de la journée internationale des Droits de l’Homme et du 63è anniversaire de l’adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le Comité des Avocats pour le Respect des Libertés Individuelles (CARLI) dit enouveller son engagement en faveur de tous les Droits de l’Homme conformément au principe de l’universalité et de l’indivisibilité des Droits de l’Homme proclamé par les Nations Unies à l’issue de la conférence mondiale des Nations Unies sur les Droits de l’Homme qui s’est tenue à Vienne en 1993;

Le CARLI demande aux autorités politiques de respecter scrupuleusement les prescrits relatifs aux Droits de l’Homme garantis par la constitution et les instruments internationaux se rapportant aux Droits de l’Homme et recommande aux autorités policières la cessation de l’émission ‘’Allo la Police’’, portant atteinte à la dignité humaine et au principe de la présomption d’innocence, universellement reconnu.

Le CARLI demande au parlement haïtien la ratification du pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, comme signal d’engagement de l’État Haïtien en faveur de tous les Droits de l’Homme et rappelle aux ONG et défenseurs des Droits de l’Homme que la bataille des Droits de l’Homme n’est jamais gagnée de manière définitive, une vigilance constante s’impose et en conséquence.

 

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