18 Novembre: Le discours de Martelly, une victoire pour l'Occident
Écrit par Jean Monard Metellus Dimanche, 20 Novembre 2011 10:21
Coincé dans le dilemme d'une communauté internationale visiblement méfiante vis
à vis de la perspective d'une remobilisation de l'Armée et les pressions sans
cesse croissantes des anciens soldats accrochés à cette promesse de campagne du
président, Michel Martelly a parlé ce 18 Novembre en fait pour ne pas dire
grand chose. Dans un langage “codé”, il
a fait savoir la mise en place de la nouvelle Armée n'est pas pour demain. Il
n'a donné aucune date pour que les militaires reprennent du service; il a même
fait retrait sur quelques acquis comme l'effectif de la force qui n'est plus
connu alors que des documents antérieurs de la présidence avaient laissé
entendre qu'elle serait de 3500 âmes et non plus, le président ne sait plus
comment il va mobiliser les fonds pour la force alors qu'il avait auparavant
dit que l'argent était là (90 millions ramené à 26) et dans un deuxième temps,
il avait envisagé de prélever un pourcentage du budget d’un certain nombre de
ministères pour alimenter le fonds de l'Armée d'Haiti.
Michel Joseph Martelly est revenu avec la formule consacrée: une commission
civile devra décider de tout ça. Quand les pro-Armée ont finalement entendu le
chef de l'Etat annoncer la date du 1er Janvier 2012, ils se sont dits enfin une
date-butoir pour la sortie des premiers éléments de cette force armée vraiment
haïtienne; en réalité, il n'en était rien de tout cela; c'était seulement une
échéance pour communiquer à la nation la feuille de route que la Commission aura définie. Comble de
l'ironie, cette annonce pourrait être retardée si la commission juge
insuffisant le délai de 4 mois à lui accordé pour faire son travail. Alors là,
l'on se demande si le président Martelly a une idée du nombre de commissions sous
des Administrations antérieures (Boniface-Latortue, Préval) qui sont souvent
composées d'experts et qui avait cette
même responsabilité et dont les rapports sont restés dans les tiroirs.
Le vrai gagnant dans cette histoire est sans doute la communauté internationale
avec les États-Unis, la France et le Canada en tête, qui n'ont jamais caché
leur opposition à cette idée. Ottawa par exemple qui s'est exprimé avant-hier
sur le sujet a ouvertement dit qu'il ne soutiendrait pas ce projet pour lequel pas
un centime du Canada ne sera dépensé. La priorité devrait être, pour le Canada,
les dizaines de milliers de sinistres vivant sous les tentes depuis le 10
Janvier 2010. Martelly qui était monté sur ses grands chevaux lors d'une
rencontre avec la communauté internationale récemment à Port-Au-Prince où il
lui aurait notamment dit "avec ou sans votre argent, je remobilise
l'Armée" est revenu sur terre pour faire un discours qui ne dérange en rien
le plan et les "4 volontés du blanc".






